Internet, grand bon en avant ou pollution ultime
“L’informatique me fait vomir. Tout mon travail d’informaticien consiste à multiplier les références, les recoupements, les critères de décision rationnelle. Ça n’a aucun sens. Pour parler franchement c’est même plutôt négatif ; un encombrement inutile pour les neurones. Ce monde a besoin de tout sauf d’informations supplémentaires.” (Michel Houellebecq - Extension du domaine de la lutte).
L’informatique en général et l’Internet en particulier est un outil incontournable dans nos vies de citoyens occidentaux utra-modernes, pressés et hyper-connectés. Ce qui relevait de la science fiction il y a 20 ans fait désormais partie de notre quotidien. Ce qu’envisageait Georges Orwell dans 1984 est devenu réalité au moins d’un point de vue technique. Nous avons soif de toujours plus de sollicitations, d’efficacité, de sécurité, d’informations. Nous mettons toute notre énergie à oublier les dangers qui peuvent naître d’une utilisation abusive des technologies : fichage généralisé, surveillance abusive, intrusions dans la vie privée, etc.
La CNIL avait été mise sur pied pour tenter d’exercer un contrôle sur l’utilisation des données nominatives. Désormais, la déclaration des sites Internet a été supprimée, la CNIL a laché l’éponge. Nous-nous inscrivons tous en confiant des données personnelles nominatives parfois très ciblées (Meetic) à n’importe quelle entreprise dont nous ne connaissons rien. La CNIL continue à exister dans un monde où les fichiers transitent d’un continent à l’autre sans aucun contrôle possible. Sert-elle encore à quelque chose ?
Aujourd’hui, la seule limite à un fichage abusif est l’éthique que vont mettre les détenteurs des données à se limiter. A partir du moment où un traitement peut rapporter de l’argent, il se fera. Dans un monde où de plus en plus l’efficacité fait loi, peut-on admettre que le contrôle du traitement des données soit entre les seules mains des détenteurs de ces données ? Autant indiquer aux marchands d’armes qu’ils peuvent faire ce qu’ils veulent en leur précisant simplement que les bombes à sous-munitions, c’est pas bien.
Les gens qui décollent les affiches sont en retard d’une guerre. Ceux qui critiquent la publicité sur les sites Internet aussi. Dès que j’ai déménagé, j’ai commencé à recevoir des publicités. J’avais pourtant pris soins d’indiquer à chaque fois que c’était possible lors de mon adhésion à différents services (EDF, Télécom, etc.) que je ne souhaitais pas recevoir d’offres commerciales. Mes données personnelles ont été revendues. Un nombre indéterminées d’entreprises (entre autre Carrefour et la BNP) savent que j’ai déménagé et m’envoient des offres ciblées. Que savent-ils d’autre ? Publicité pas Mail, SMS, téléphone, courrier, etc. La publicité n’est plus affichée sur des supports publics, elle est intrusive. Elle rentre de force chez moi. A quand le message publicitaire qui se déclenche quand j’ouvre mon frigo. C’est possible, ça se fera.
